LIVE 2016 Journaux2017-08-01T15:45:25+02:00

JOURNAUX D’ÉTAPE

Ensemble pour partager les derniers instants

Clap de fin à Marrakech :

C’est au sein de la somptueuse Villa Janna que la cérémonie de remises des prix se déroule ce soir. Les Cap fées ont troqué leurs casques et leurs habits du désert, pour des robes de soirées et des talons hauts. Aux bras de leurs familles elles découvrent ce lieu atypique, véritable havre de paix situé à quelques kilomètres seulement de Marrakech. Dans l’amphithéâtre majestueux, tous ont pris place pour se remémorer une semaine d’aventure exceptionnelle. Après le show des cracheurs de feux, la marraine de cette 6è édition, la Québécoise Mariloup Wolfe a co-animé cette belle soirée aux côtés de Jérôme Zindy. L’occasion, entre deux remises de prix, d’évoquer les moments marquants de ce Cap Fémina 2016 et d’immortaliser ces souvenirs qui leur ont toutes apporté.

Les podiums :

Catégorie 4×4 :

1ère place : Équipage 305 -> Nathalie Scharf et Sandrine Saint-Jacques
2ème place : Équipage 209 -> Gisèle Pierreux et Titane Pierreux
3ème place : Équipage 140 -> Isabelle Plantec et Mélanie Zilliox

Catégorie Quads/SSV :

1ère place : Équipage 13 -> Sylvie Champagnac et Vicky Dompierre
2ème place : Équipage 11 -> Claire Colin et Pauline Colin
3ème place : Équipage 40 -> Julie Constantin et Valérie Fontaine

Portraits des gagnantes

Un podium aux couleurs des Antilles : Nathalie Scharf et Sandrine Saint-Jacques

En se lançant dans cette aventure, Nathalie 44 ans et Sandrine, 38 ans, n’auraient jamais imaginé terminer à la tête du classement. « Nous étions venues surtout pour l’aspect solidaire du Cap Fémina car on trouvait cela intéressant de concourir pour une bonne cause », expliquent ces deux amies qui se sont pourtant rencontrées dans un cadre sportif il y a trois ans. En effet, Nathalie n’est autre que le coach personnel de Sandrine. Au fil des cours, ces deux Martiniquaises d’une nature plutôt discrètes ont tissé une véritable amitié. Cette dernière les a menées jusqu’aux portes du désert marocain. Très vite, elles se sont finalement prises au jeu. « Lorsque l’on a vu qu’il restait une étape et que nous étions deuxièmes, nous nous sommes vraiment mises dans la compétition », indiquent ces femmes au grand cœur. Outre le trophée des vainqueurs, Nathalie et Sandrine rapporteront surtout à la Martinique, leur expérience de rallye et des valeurs qu’elles souhaitent transmettre aux enfants et aux femmes. « Nous allons faire des conférences dans les écoles, trois pour le moment, afin d’expliquer aux enfants la chance qu’ils ont d’aller à l’école en leur racontant ce que l’on a vécu là-bas. Leur montrer également qu’il faut croire en ses projets, même depuis notre petite île martiniquaise », détaillent ces Cap Fées qui ont bouclé leur budget au tout dernier moment. Preuve que la persévérance est une force qui permet d’atteindre ses rêves.

D’une rencontre fortuite est née la victoire : Sylvie Champagnac et Vicky Dompierre

Prenez deux personnes qui ne se connaissent pas, originaires de deux cultures différentes, mettez-les dans un engin qu’elles n’ont jamais piloté et vous obtiendrez un duo aussi étonnant qu’étincelant. En effet, Vicky la Canadienne de 43 ans et Sylvie la Française de 35 ans ignoraient tout de l’existence de l’une et de l’autre trois semaines avant le prologue de l’aventure. Faute d’avoir trouvé une partenaire, Vicky pensait devoir abandonner le projet du Cap Femina. Mais c’était sans compter sur sa bonne étoile… L’organisation l’a mise en relation avec Sylvie, une ancienne Cap Fée, qui projetait de repartir en 2017. Décalage horaire oblige, les deux femmes n’ont échangé que très peu avant l’aventure. Ce n’est qu’une fois sur place qu’elles ont toutes les deux appris à se connaître, à se découvrir et surtout…à se faire confiance. « C’est vraiment le maître mot de notre rencontre », assurent ces deux nouvelles amies en chœur. « C’était une aventure sportive car nous n’avions jamais fait de SSV et une aventure humaine durant laquelle nous avons pris soin l’une de l’autre. On a appris à se connaître au fil des avancées dans le désert ». Avec quatre étapes sur six de remportées, cet équipage insolite savoure désormais la victoire sur la plus grande marche du podium.

Aujourd’hui, même si des milliers de kilomètres les séparent, Vicky et Sandrine sont plus que jamais unies par cette aventure. « Nous envisageons de repartir ensemble au Rallye Aicha des Gazelles lorsque nous aurons bouclé le budget », indiquent-elles, main dans la main. En attendant, chacune a planifié de rendre visite à l’autre dans son pays d’origine.

« Une épreuve où elles sortent grandies »

Remerciements aux partenaires

Euro4x4 Parts – Sud Radio – La Fondation Goodplanet – Delarom – L’Office national du Maroc – Le Journal du 4×4 – Les Celliers de Meknes – La Perle du Sud – La ville de Villeneuve-les-Avignon – Les eaux minérales d’Oulmès

Les adieux au désert (Jour 2)

Du sable, des larmes et de la joie

C’est dans un joli arc de cercle que les Cap’Fées prennent le départ de cette ultime épreuve. Sur la ligne de départ, plane l’amer sensation de l’aventure qui touche à sa fin. « On était un peu mal parties mais finalement c’est à refaire », s’amuse à dire l’équipage 125 (TAUPIAC ANNE-MARIE / FERREIRA MAGALIE – VALES FABRICE) qui a essuyé quelques soucis techniques. Mais l’heure n’est pas encore aux bilans puisqu’il faut terminer l’étape marathon et franchir la ligne d’arrivée. Les véhicules s’engagent au départ et disparaissent dans une épaisse fumée en direction du village de Tafraoute. Au milieu des plaines désertiques, les équipages découvrent de nouveaux paysages avec des montagnes à perte de vue et notamment celle de Traourirt Timlaline « la montagne de la Gazelle ». Un joli clin d’œil pour ces femmes qui s’apprêtent à clôturer une expérience unique.

Après une pause thé dans une petite auberge qui fait aussi office de checkpoint, les Cap’Fées se remettent en piste. « On découvre le Maroc autrement et on n’a pas envie de se dire que c’est terminé », confie l’équipage 370 (PROUST DELPHINE / FREDERICQUE-ELVERS MAUREEN (CHAMPAGNE LAURENT LEQUART). Place à une enfilade de minis dunes, où le sable virvolte sous le souffle du vent. Toutes suivent la cadence, « ça suit son cours normal », rapporte le directeur de course. Quelques trentaines de kilomètres plus tard, les drapeaux de la ligne d’arrivée flottent au loin…. Guidées par le son des Gnaouas, ces musiciens aux percussions, les premières Cap’Fées laissent éclater leur joie au point final.

L’euphorie se mêle au sentiment d’avoir accompli une grande aventure. En une fraction de secondes, les difficultés et les épreuves deviennent des anciens souvenirs. Certaines s’empressent de prévenir leurs proches au téléphone pour partager leur joie. Au bout d’une semaine, les filles ont amplement pris confiance. « Nous sommes tellement fières. Et puis nous avons terminé cette dernière étape en beauté, en validant tous les checkpoints », lâche le 216. La jouissance se traduit par des sourires et des rires éclatants. « Je me suis régalée sur les pistes. C’est une belle expérience de pilotage, de conduite et de découverte de paysages », s’écrie la pilote de la team 119 (CONSTANT FABIENNE / REMY FLORENCE (GENOVINI). Un sentiment partagé par l’équipage 274 (COMME STEPHANIE / COMME SOPHIE (INSIDE CONSTRUCTION) qui s’est engagé dans l’aventure sans aucune préparation de pilotage. « Nous sommes parties de rien, nous n’avons pas fait de stages. Nous avons tout appris ici. »

Parce que c’est aussi une aventure humaine, les amitiés tissées tout au long du raid sont au rendez-vous sur la ligne d’arrivée. L’équipage 184 (GIORDANA SABINE / LINCELE NATHALIE)  est accueilli par toutes ses copines de galère du sable. « Les dunes sont le meilleur souvenir, et surtout nous sommes heureuses de ne pas avoir eu de pépins techniques : nous n’avons rien cassé, nous n’avons pas planté et ni crevé », indiquent-elles.

Comme pour prolonger cet instant de la « finish line », certaines retardent à s’engager entre les derniers fanions. Des larmes de joie perlent sur les joues sablées de certains équipages qui ne peuvent contenir leur émotion. Et comme toute les fins, « c’est génial mais trop court », résume l’équipage 256 (VILOTTE MARLENE / DUBOURDY VALERIE).            .

PAROLES DE CAP’FEES

Équipage 228 (CROSNIER PATRICIA / BOUET SYLVIE – BURGER KING ORLÉANS )
« Nous sommes cousines et cette aventure a renforcé nos liens »

Équipage 197 (QUATREBOEUFS MYRIAM / BAUER MARIE-ANNICK)
« J’ai fait une chose pour moi et j’ai appris que je pouvais me dépasser. Je reviendrai »

Équipage 322 (MORELLON MARTINE / BENETTAYEB CHRISTELE – TRANSPORTS MORELLON)
« On est venues chercher le défi, le challenge »

Équipage 120 (ROBERT CHRISTINE / DENIER AMELIE)
« Les Marocains sont des gens très accueillants et ils nous ont beaucoup aidés tout au long du raid »

Équipage 313 (ANSA KARINE / NALIN ISABELLE – KARA CONSULTING)
« C’est l’étape des dunes qui m’a le plus marquée. Pour la beauté et la difficulté »

Équipage 346 (ROY VALERIE / DOLIZY ANNE – SARL ROY GABRIEL)
« On s’est surpassées. Avec l’adrénaline, tous les jours on a voulu faire mieux même si au début on voulait juste le faire en mode balade »

Équipage 289 (CLEDIC SOPHIE / LE DEORE CECILIA – INFRALOG BRETAGNE)
« La clé de tout, c’est de se faire confiance, de s’écouter et surtout de se comprendre »

Équipage 277 (LEDUC SYLVIE/CHAIGNE EMELINE – PRÉPA23)
« C’était la première découverte du désert et ce que l’on en retient c’est que c’est intense »

Équipage 72 (LAIR MARIE CHRISTINE / PASSAS KARINE – LCB)
« Nous sommes venues pour voir si on pouvait aller au bout de nous-mêmes »

Équipage 210 (BRUNI SIEGRIST KATIA / ROMANO MYRIAM – BPW SWITZERLAND – BUSINESS & PROFESSIONAL WOMEN)
« On est venues chercher un peu de dépaysement et on l’a eu »

Équipage 318 (LABRUYERE JOHANNE / GRANDJEAN EDITH)
« Le Cap Femina : c’est l’aventure, les copines, les paysages »

Équipage 28 (NANCEY NOEMIE /BESNIER CAROLINE )
« Cette expérience nous a rapprochées. Je ne pensais pas la connaître aussi bien et vice versa »

Équipage 43  (SAUVAGE CAROLINE / VIDAL SYLVIE – BRICE PELLE-VOISIN)
« Ce que l’on retient ? La solidarité entre SSV. On en reparlera longtemps de cette expérience »

Équipage 104 (LELIEVRE CHRISTELLE / BOURASSEAU MURIELLE  – CEVENT L’EVENEMENT)
« Même si je reviens pour la quatrième fois, je rapporte tout le temps de nouveaux souvenirs »

[Infos sur les classements]

Les étapes 5 et 6 étant regroupées dans une étape marathon, aucun classement n’est édité à la fin de la première journée. Un classement global des 2 jours est établit à la fin de la deuxième journée de l’étape marathon.

Une carte postale comme terrain de jeux

En prenant le départ aux pieds de l’hôtel Yasmina, les Cap’Fées étaient loin d ‘imaginer la journée qui les attendait. Quoique…Déjà, lors du briefing matinal, les inquiétudes et le stress pouvaient se lire sur certains visages. « Je trouve cette épreuve redoutable ! J’ai peur de me retourner et de mal prendre la dune. Mais après tout c’est le jeu », essaye de se motiver l’équipage 165 (FUSTER MAGDA / BACZKIEWICZ NATHALIE (OFFICE DE TOURISME GRAND TOURMALET). « Nous avons fait un stage près de de Tarbes dans un lit de rivière asséché pour nous apprendre le pilotage de précision, alors… », soulignent ces dernières avant de mettre le contact.

 

L’art et la méthode

Une dune cela s’étudie, s’apprivoise et s’anticipe. Ne passe pas une dune celui ou celle qui omettrait ces principes de base. « Attaquez les dunes de face, toujours de face », insiste Ludovic Taché, le directeur sportif. Sillonner les dunes, c’est l’art de gérer son accélération, la puissance de son moteur et de savoir l’arrêter au bon moment. « Le 4×4 c’est de la finesse, servez-vous de votre intuition féminine pour franchir les dunes », glisse Christophe Delacour, pilote média.

Dans un cadre digne d’une carte postale, c’est en ligne que les Cap’Fées ont honoré le départ. D’ici à quelques minutes, les équipages vont enfin rentrer dans le vif du sujet. Face aux dunes majestueuses de l’Erg Chebbi, les Cap’Fées font preuve de sang-froid et de courage.

L’assurance s’installe au poste de pilote, même si les premiers (inévitables) ensablages arrivent dès les premières minutes. Pas de panique, les Cap’Fées ont plus d’une ressource en elles et n’hésitent pas à se glisser sous les véhicules, armées d’une pelle, pour dégager les roues. Parce que la solidarité est une force, les petits groupes s’entraident pour se faciliter la tâche. « Le secret, c’est l’anticipation. La navigatrice c’est mes yeux. Je démarre en seconde et je suis la direction qu’elle m’indique », lance l’équipage 143 (MARIN DEBORAH / MEUNIER MARIE – ETS CANNARD) en pleine manœuvre, le front perlant de sueur. Difficulté supplémentaire, aujourd’hui, les checkpoints (CP) sont soumis à des heures de passage limitées.  « Le timing est bon », note Ludovic Taché au premier CP.

Le dépassement de soi : de la théorie à la pratique

Il fallait avoir le cœur bien accroché et l’esprit vif pour avancer sereinement dans ce paysage aussi splendide que difficile. Au fil des heures, la chaleur et la fatigue ralentissent quelque peu certains équipages. Et très vite, des petites tensions et crispations apparaissent au sein des binômes. Les Cap’Fées ne le savent pas encore, mais elles sont en train de surpasser leurs propres limites. Elles voulaient du sport et du dépassement de soi ? Elles sont servies.

Alors lentement mais sûrement, elles grattent chaque kilomètre de sable et valident les CP au fur et à mesure. Plus la ligne d’arrivée approche, plus elles découvrent leur âme d’aventurière. « Je n’aurais jamais imaginé être capable de piloter dans les dunes un jour. Pourtant, avec mon mari nous faisons souvent des raids dans le désert, mais c’est lui qui pilote.

« C’est quand même très physique et il faut des bras pour bien tenir le volant », s’étonne, non sans fierté le 233 (FEUILLERAT MARTINE / RAMBAUD CORINNE – SUD OUEST REMORQUES) . « Je suis tellement fière de ma grande sœur », souligne Jeanne de l’équipage 152 (LIDBETTER FRANCOISE / SEILMAN JEANNE – AEROENET).

Grandies, fières et heureuses, elles savourent chacune leur tour cette épreuve. Dans les dunes qu’elles laissent derrière elles, plane la sensation que les seules limites qui existent sont celles que l’on veut bien se mettre.

« Une épreuve où elles sortent grandies »

Une rencontre pleine de saveurs

La cuisine, un trait d’union entre les cultures

Un plat du quotidien

Le Tajine est un mets traditionnel que les Marocains dégustent fréquemment. Mais parce que la viande est une denrée chère, les tajines sont plus souvent à base de légumes uniquement. « Les marocains mangent très peu de viande finalement », raconte Myriam Faurie, de l’association Cœur des Gazelles.

Attentives et curieuses, les Cap’Fées se concentrent sur chaque élément de la recette. Tous les détails ont leur importance, à commencer par la disposition des légumes dans le plat en terre cuite. Les oignons sont incorporés en premier suivis de la viande (mouton, poulet) ou du poisson. Les courgettes, ouvertes en leur milieu sont placées autour du plat, la chair en bas. Place ensuite aux aubergines, aux carottes et aux tomates. « L’ordre est très important car les légumes avec la chair disposée en bas vont faire couler leur eau avant de s’évaporer et ainsi de suite. Le tajine fonctionne avec un système de cuisson à vapeur », détaille Myriam.

Pour lui donner toutes ses saveurs, le tajine est un savant dosage de huit épices : du safran, du safran berbère, du gingembre, du poivre noir, du cumin, des épices berbères, du curcumin et du sel. Avant de faire mijoter le plat environ une heure, les femmes rajoutent un soupçon d’huile d’olive et un peu d’eau. Salé ou sucré, le tajine se multiplie au gré des envies et des saveurs. Dattes, pruneaux ou raisins, le tajine est un plat qui éveille les papilles et celles des Cap’Fées ne sont pas restées insensibles. Synonyme de partage, le tajine se déguste avec du pain que l’on vient tremper dans le plat directement.

Un moment de transmission unique qui s’est soldé par des tatouages au henné et la découverte du métier à tisser.

Au Cap Fémina Aventure, les jours avancent mais ne se ressemblent pas. Chaque étape est l’occasion de découvrir un peu plus la culture marocaine en allant à la rencontre des associations de femmes. Après une épreuve sportive difficile, les Caps’Fées aspirent à un peu de douceur. Cet après-midi, elles découvrent pas à pas la recette du Tajine. A Khamlia, des effluves épicés guident les Cap’Fées vers le local de l’association Gnaoua. Assises en tailleur, un petit groupe de femmes préparent les légumes qui serviront au Tajine.

Une journée placée sous le signe de la solidarité

Du sport conjugué au solidaire

La journée solidaire est l’une des essences même du Cap Fémina Aventure. Les filles y sont très attachées et trépignent d’impatience.

L’étape 3 est aussi une journée spéciale puisque ce matin, les Cap’Fées ont fait la connaissance de Mariloup Wolfe, une vedette canadienne, marraine des équipages québécois. Cette réalisatrice et ancienne Gazelle a su trouver les mots chaleureux et réconfortants, avant de donner le départ de l’étape. En guise de prologue pour les teams : 72km en direction de Rissani, avant de traverser la palmeraie et de revenir vers Erfoud. Une étape plus courte que la veille afin de garder des forces pour repeindre l’école de Merzane dès le début de l’après-midi.

Peuplé de 90 familles, Merzane est un village de nomades qui se sont sédentarisés en raison de la sécheresse. « Personne ne s’intéresse à ce village et aucun touriste ne s’arrête ici. C’est pour cela que nous sommes ici », rappelle Jérôme Zindy, responsable de l’événement, dans une pluie d’applaudissements.

Des préparatifs en amont

Pour qu’elles n’aient plus qu’à s’atteler à la peinture des murs des classes, des toilettes et du local des professeurs, l’association Cœur de Gazelles avait préparé le chantier bien en amont. « Depuis le mois de mai nous travaillons sur le projet. Nous avons d’abord sélectionné l’école, puis réalisé des travaux. Nous avons consolidé les murs et les gouttières du toit, creusé des tranchées pour le goutte à goutte des arbres, terminé les toilettes en y aménageant une fosses», détaille, Frédéric Valat, le coordinateur de l’association Cœur des Gazelles. Munies de leurs pinceaux et de leurs brosses, les filles sont fin prêtes à embellir l’école.

« C’est la première fois que je vais peindre. Ça peut être sympa, enfin s’ils peuvent bien baisser le chauffage », lance l’équipage 140 (PLANTEC ISABELLE / ZILLIOX MELANIE – SANTEOL) dans un éclat de rires. Pilotées par des chefs de chantier, durant plus de deux heures, les filles travaillent en rythme, dans les rires, la musique et la bonne humeur. Leur efficacité conjuguée à leur dynamisme ont réellement fait bouger les choses. Les murs ternes et défraichis ont laissé place à des palettes de couleurs colorées, vivantes qui insufflent la joie de vivre.

La répartition des dons

Avant de jouer les apprenties peintres, les Cap’Fées ont déposé des sacs et des cartons remplis de dons aux pieds du local de l’association du village. En quelques minutes, un flot de fournitures scolaires, de vêtements chauds, de peluches, de jeux, de tétines, de lunettes de soleil et même d’ordinateurs, se déverse sur les tables disposées à cet effet. « Nous avons ramené quatre cartons et cela prenait vraiment pas mal de place dans le 4×4 », racontent Marie et Déborah (143 – MARIN DEBORAH / MEUNIER MARIE – ETS CANNARD) les bras chargés. Bien plus que des simples dons, cette action représente une véritable bouffée d’oxygène pour les bénéficiaires. Si la majeure partie des outils scolaires serviront à l’équipe pédagogique de l’école de Merzane, le reste est stocké par l’association Afoun Goufouss.

Cette dernière redistribuera dans les petites écoles, aux grès des besoins. Le reste reviendra aux nomades du désert. « Nous ciblons nos dons en fonction des besoins des familles. Pendant les reconnaissances du Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc nous recensons les familles dans le besoin en prenant soin de relever les noms, les prénoms, les âges et le sexe. De cette façon au moment du rallye, lorsque l’on passe avec la caravane médicale, on les donne de la main à la main », assure Frédéric Valat.

Donner le goût d’apprendre

La générosité des Cap’Fées va permettre aux 115 élèves de Merzane de suivre des cours d’informatique. En effet, 10 ordinateurs ont été livrés à l’institution, de quoi installer une salle multimédia. Mais pour Adnane Hasnaoui, l’action solidaire va encore plus loin. « Avec un bâtiment repeint de couleurs vives, cela va réconcilier les enfants avec l’école. Ils sont nombreux à arrêter leur scolarité ».

Fatiguées mais émues, les Cap’Fées reprennent la route, la tête pleine de souvenirs. Et pour prolonger cette parenthèse, c’est aux pieds des dunes de l’Erg Chebbi qu’elles s’installent pour la nuit.

PAROLES DE CAP’FEES

Equipage 266 (SEGUIN DIANE / DAGENAIS MARLENE)
« J’ai appris qu’il y a toujours du positif dans toutes les situations. Dans nos vies au Québec, on est toujours sollicitées pour donner aux autres. Ici, on vit une aventure pour nous tout en apportant des choses aux femmes et aux enfants ».

Equipage 253 (BRARD EMILIE / BUARD NOEMIE – SOCIÉTÉ AUDRAIN)
« Pour être une bonne navigatrice il faut être concentrée. Pour le pilotage, dextérité et douceur sont de rigueur. »

Equipage 102 (BORET AMELIE / BONDU OPHELIE  – PYRAMIDOR)
« Nous sommes venues pour l’action solidaire avec un coffre rempli à moitié de dons. Il y a des épreuves de la vie qui font que l’on a envie de lui donner du sens et se rendre utiles aux autres. »

« Leur efficacité fait bouger les choses »

INTERVIEW DE MARILOUP WOLFE

« Vivre l’aventure de manière positive »

 

Comédienne et réalisatrice québécoise, Mariloup Wolfe, est la marraine des équipages québecois pour cette sixième édition du Cap Fémina Aventure.

Vous avez déjà une expérience de ce type d’aventure puisque vous avez participé au Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc en 2007. Quels conseils donneriez-vous aux filles du Cap Fémina Aventure pour la poursuite de leur histoire au Maro?

Après tous les efforts qu’elles ont faits pour être ici, je leur dirais de la finir avec plaisir car il est essentiel de la vivre de manière positive. L’expérience du rallye est plus importante que le classement.

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté dans votre vie ?

J’ai fait le Rallye Aïcha des Gazelles et j’y suis retournée deux fois en tant qu’ambassadrice et aujourd’hui je suis sur le Cap Fémina Aventure. Je ressens l’appel de revenir. Les difficultés que j’ai rencontrées m’ont fait grandir et m’ont permis de mieux me connaître dans l’adversité.

Comment raisonne cette action solidaire en vous ?

L’action solidaire permet de nous gratifier. On se sent bien de redonner et de voir ces enfants heureux. Nous venons toutes pour des raisons différentes. Pour ma part, je fais un métier de divertissement et je trouve parfois que c’est futile. J’ai besoin de m’investir dans des causes au Québec. Depuis 5 ans je suis le porte-parole de Fonds Espoir du CHU de Sainte-Justine qui s’occupe des enfants. En parallèle je participe à un livre intitulé « Tendre la main » qui réunit des photos de mains de personnalités. Les fonds sont reversés pour financer la santé mentale. Et pour finir, j’ai témoigné dans un ouvrage féministe « Les Superbes » qui rassemble des témoignages de femmes autour de la question de la femme et du pouvoir.

Quels messages souhaitez-vous transmettre aux femmes ?

Qu’il faut aller au bout de ses rêves et surtout qu’il n’y a pas d’âge pour les réaliser. C’est important pour les femmes de s’accorder une pause et de prendre du temps pour elles.

Le marathon continue… Cap vers Erfoud !

Les Cap’Fées s’aguérissent au fil des kilomètres

Ni la tempête de sable de la veille, ni la pluie n’ont entaché le moral des Cap’Fées au réveil. Que ce soit dans la voiture ou dans la toile de tente, chacune à sa manière s’est organisée pour s’accorder de précieuses heures de sommeil. « La tempête de sable c’était magnifique et la pluie dans le désert c’est juste fabuleux », décrit l’équipage 254 (GARD MARIE-France / FAURIE LAURA – LOISIRS AMITIES HANDICAP). Toutes ont remisé le mauvais souvenir de la pluie au fond de leur coffre, pour savourer le délicieux réveil au cœur du désert. Ce sont donc des mines réjouies qui ont pris le départ de ce deuxième jour qui clôture l’étape marathon. Une journée avec tous les équipages, puisque la team 253 (BRARD EMILIE / BUARD NOEMIE – SOCIÉTÉ AUDRAIN) a pu rejoindre l’aventure après des mésaventures mécaniques.

Apprendre de ses erreurs

 « Prenez le temps de lire le roadbook », prévient Ludovic Taché, le directeur sportif avant de les laisser s’installer près de l’arche de départ. Et pour cette fin de marathon, pas question de refaire les mêmes erreurs. « A cause de notre manque d’attention, hier, nous avons passé le point du cap. Aujourd’hui nous allons être plus concentrées afin de rectifier le tir», indique l’équipage 145 (ALLAIN PASCALE / POUGET JULIE ). Dans une lumière claire et pure, les Cap’Fées partent les unes après les autres à l’assaut de leur étape. Le beau temps et la visibilité parfaite réunissent toutes les conditions nécessaires pour passer une journée optimale. Après quelques franchissements de gué et autres passages étroits, les équipages suivent les pistes ocres en direction du Col de El Maadid. Aux pieds de ce paysage rocailleux, les pilotes doivent faire preuve de précision. La concentration est à son paroxysme. « Les cailloux, on en a rêvés et c’est d’enfer, lance l’équipage 254 (GARD MARIE-France / FAURIE LAURA – LOISIRS AMITIES HANDICAP), euphorique. «Cela nécessite d’être attentives et d’anticiper. » La conduite sportive est donc de rigueur, « avec nos engins on passe partout », assurent les filles de la team 40 (FONTAINE VALERIE / INNOCENTI JULIE – NOVADEV) à bord de leur SSV.

Plus loin, au sommet d’un col, les Cap’Fées savourent les kilomètres avalés et abusent des selfies dans ce paysage grandiose. « Elles sont dans le bon timing mais avec les grands espaces qu’elles traversent, cela leur complique les choses et donc ça ralenti un peu, mais c’est tout à fait normal », souligne Ludovic Taché à mi course. Avant de traverser le magnifique Oasis Saf Saf, une pause déjeuner s’impose aux pieds des véhicules. En matière culinaire, les équipages ont abandonné la notion « d’équilibre alimentaire », au profit de produits caloriques, mais résistants à la chaleur. « Galettes de riz, saucisson, compotes, rillettes, avec tout cela on ne mourra pas de faim, même si on se perd », rigole le 170 (RUPP CAROLE / LABITTE VALERIE – ERGODEVELOPPEMENT). Pour certaines, le ravitaillement attendra. Un pneu crevé les oblige à s’activer autour de leur 4×4. « On sait changer les roues et on positive toujours », confie l’équipage 354 (NEESER LILIANE / SUBSOL MARIE-NOËLE – C.M.J) qui, après une heure à s’acharner, a finalement fait appel à l’assistance mécanique .

Ces anges-gardiens appelés mécanos

Même si elles savent très bien se débrouiller seules, les Cap’Fées ne se revendiquent pas toutes mécaniciennes. Alors changer une roue oui, mais souder, non. Comme pour chaque édition, l’organisation déploie une assistance mécanique sur chacune des étapes. Cette année, ce sont cinq véhicules mécaniques qui naviguent et veillent sur les équipages. « On ressoude, on change des amortisseurs, bref on réalise des réparations pour que ça tienne jusqu’à l’hôtel ou au bivouac. Une fois qu’elles sont arrivées, on prend le véhicule en charge sur l’atelier mécanique », détaillent Christian Viano et Christophe Agar, les responsables de la mécanique présents sur le Cap Fémina Aventure depuis sa création. Évidemment, sur les pistes, chacune de leur intervention se solde par une pénalité, sauf si les participantes tentent de se débrouiller seules.

« Crevaisons, amortisseurs à changer après des perturbations de pistes », voilà les interventions fréquentes qui leur incombent. Le soir, lorsque tous les équipages regagnent le bivouac ou l’hôtel, les mécanos installent un atelier ouvert à toutes, pour remettre sur pieds les véhicules. Cette équipe de spécialistes assure un chekpoint complet « pour celles qui le souhaitent », précise Christophe Agar.

Après une centaine de kilomètres, les Cap’Fées franchissent la ligne d’arrivée en arborant des sourires de fierté. Place à la rencontre autour d’un produit emblématique : la datte.

« Un beau temps et une visibilité parfaite pour une journée optimale »

La rencontre au cœur de la palmeraie

Les dattes, un fruit essentiel au Maroc

Au cœur de l’oasis de Tafilalet, dans la palmeraie qui borde la route, les Cap’Fées ont une nouvelle fois rendez-vous avec des femmes marocaines. Une rencontre basée sur l’échange et la découverte d’un produit central au Maroc : la datte. « On aime bien rencontrer les femmes d’ici. C’est un peu comme les groupes de femmes du Québec. Nous avons pris du jus de datte et en échange, nous leur avons remis du thé d’érable », rapporte l’équipage 266 (SEGUIN DIANE / DAGENAIS MARLENE) , en sortant de la tente berbère. Assises sur le sol, les femmes de l’association du village de Koudit Draoua ne quittent pas du regard les dattes qui cuisent. Pendant près de 6h, elles filtrent le contenu à l’aide d’un torchon, avant de laisser le jus cuire une nouvelle fois. Cette opération répétée inlassablement, aboutie à un jus ambré et limpide qu’elles répartissent dans des pots.

Un aliment nourrissant

Parce que ce petit fruit contient à lui seul de nombreuses qualités nutritionnelles, il est un aliment de base de la nourriture marocaine. « C’est un fruit très énergétique. D’ailleurs, pendant le mois du Ramadan, on commence le repas avec des dattes et un peu de lait de manière à récupérer l’énergie perdue pendant le jeûne », détaille Youssef, l’interprète des femmes. La datte se conserve très bien et très longtemps. C’est aussi pour cette raison qu’elle constitue l’alimentation de base des nomades du désert, ces derniers ne possédant pas de frigo pour conserver les aliments.

Une source de revenu

Cultivée essentiellement dans le sud du Maroc, la datte et ses quelques huit variétés, est une source principale de revenu. « Les gens des villages du sud vivent grandement grâce à la culture et la vente de la datte », relate Mohammed, coordinateur marocain pour Cœur de Gazelles. Consciente de l’enjeu économique que représente la datte, l’association Cœur de Gazelles a créé depuis cinq ans, une palmeraie solidaire pour les villages de Tamsguidate et Tafersguite. Aujourd’hui, 8 000 palmiers y sont plantés et devraient permettre de redynamiser le tissu économique local.

D’ici à trois semaines, la ville d’Erfoud s’apprête à accueillir le salon international de la datte, preuve que son importance est de taille pour le pays.

La datte : un produit aux multiples recettes

1)  La datte fourrée à l’amande : prenez une datte, coupez là soigneusement dans la longueur. Ôtez le noyau et remplacez-le par une amande.

2) Avec le jus de datte :

  • Mélangez le avec un peu d’huile d’olive. Préparez des mouillettes de pain et trempez les dedans à l’heure du thé par exemple.
  • Incorporez deux cuillères à café de jus de dattes dans un yaourt.
  • Accompagne parfaitement un plat de spaghettis et donne un goût sucré.

3) La datte, un anti-caries : elle contient des substances qui permettent de lutter contre les caries.

Paroles de Cap’Fées

Équipage 201 (BAUD CHRISTINE / MATRAY JOELLE – LEON GROSSE)
« La rencontre avec les femmes marocaines sous la tente ; c’était vraiment intéressant de comprendre comment elles réalisent ces paniers. On a découvert que cela prenait un temps fou. On prend ce que l’on nous offre, on partage, on découvre et cela fait un bien fou »

Équipage 222 (AUTIN VALENTINA / BERTOMEU HELOISE – COMEXEM)
« J’ai essayé de tisser un panier mais j’ai tout cassé. Leur vie est totalement différente des nôtres : lorsqu’elles ont du temps libre elles travaillent, tandis que nous, nous nous accordons du temps pour nos loisirs et nous en avons pleinement pris conscience »

Équipage 283 (DUHAMEL NATHALIE / CHAMPAGNE JOSYANE)
« On a appris à avoir plus confiance en nous en nous débrouillant seules et cela c’est important »

Équipage 228 (CROSNIER PATRICIA / BOUET SYLVIE – BURGER KING ORLÉANS )
« Pour le Cap Fémina Aventure il faut vraiment bien se connaître et s’entendre car c’est un travail d’équipe »

Équipage 233 (FEUILLERAT MARTINE / RAMBAUD CORINNE – SUD OUEST REMORQUES)
« Un peu de stress car c’est la première fois que je pars loin de chez moi, mais ça fait du bien, ça dépayse vraiment »

Équipage 383 (FOURNET DEBORAH / CAMBIANICA JULIE – GOWLING WLG)
« Nous avons fait un stage de conduite de deux jours pour apprendre les franchissements, sur un circuit en région parisienne où sont testés tous les prototypes 4×4. Heureusement qu’on l’a fait car nous avons adopté les bons réflexes, ça rassure »

Équipage 254 (GARD MARIE-France / FAURIE LAURA – LOISIRS AMITIES HANDICAP)
« Pour nous ravitailler au bivouac, nous avons ramené un produit de chez nous en Dordogne, La Pie Rose de Saint-Astier. Un petit vin blanc que l’on a savouré avec des fraises »

En piste les filles !

Sur la route du départ

Ce matin, très tôt, le hall de l’hôtel de Meknès assiste au ballet de Cap’Fées qui s’activent auprès de leurs véhicules. Dès 7h, elles s’y engouffrent, en route vers la concrétisation de leur projet. Mais la ligne de départ sait se faire désirer, puisqu’une grande liaison les attendent avant de rallier Errachidia. Au fil de la route goudronnée, les Cap’Fées ont pu découvrir la fôret d’Azrou avec ses singes, traverser le Moyen-Atlas, et pour certaines, s’accorder une pause déjeuner dans les petits restaurants bordant les trottoirs de Midelt, au cœur de l’ambiance marocaine. Sur le site de Ramsar, au sud d’Errachidia, les équipages ont peu à peu pris place calmement aux abords de la ligne de départ.

A défaut d’avoir le sens de l’orientation, quelques participantes n’hésitent pas à confier leur chemin à leur intuition. Au cœur d’un paysage rocailleux et poussiéreux, les Cap’Fées s’adaptent au rythme : observer, sortir avec la boussole et surtout se faire confiance. « Le fait que les équipages soient regroupés cela nous induit en erreur, mais l’on se fie à notre décision de base », avoue l’équipage 119 (CONSTANT FABIENNE / REMY FLORENCE – GENOVINI) tout en validant le premier checkpoint.

Une étape en guise d’échauffement

Pour cette première étape, Ludovic Taché, le directeur sportif, leur a concocté un programme « light » histoire de débuter en douceur. « C’est une étape facile pour qu’elles appréhendent la conduite du véhicule, la prise de cap », assure-t’il. Ceintures et casques sanglés, les yeux rivés sur le roadbook, les pieds en position sur l’accélérateur, une par une elles prennent leurs marques sur la ligne. 5, 4, 3, 2, 1 ….Partez !!!!! Elles s’élancent dans l’immense plaine de Taourirtn’ Imsetine en laissant éclater des cris de joie. Chacune sa méthode pour lire le fameux roadbook. Un support papier sur lequel toutes les directions et le nombre de kilomètres à parcourir entre chaque point sont indiqués. Un outil qui inspire de nombreuses craintes pour celles qui tatillonnent. A défaut d’avoir le sens de l’orientation, quelques participantes n’hésitaient pas à confier leur chemin à leur intuition. Au cœur d’un paysage rocailleux et poussiéreux, les Cap’Fées s’adaptent au rythme : observer, sortir avec la boussole et surtout se faire confiance.

« Le fait que les équipages soient regroupés cela nous induit en erreur, mais l’on se fie à notre décision de base », avoue l’équipage 119 (CONSTANT FABIENNE / REMY FLORENCE – GENOVINI) tout en validant le premier checkpoint. Lorsque le dernier winflag rose est dépassé, les Cap’Fées valident leur première étape ! La pression redescend, mais toutes arborent un sourire de satisfaction. « Nous avons réussi mieux que nous le croyions. On fait des choses à l’intuition et à la déduction. Pour une première, ça va ! », se félicitait l’équipage 125 (TAUPIAC ANNE-MARIE / FERREIRA MAGALIE  – VALES FABRICE). Fières d’être au beau milieu du désert, l’équipage 278 (CARRIER PEGGY / NICOLO AGNES – DELTA POMPAGE) redescend peu à peu sur terre : «  Nous avons cerné le roadbook, nous avons compris la logique de celui qui l’a conçu ». De bon augure pour la suite. Et ce n’est pas la tempête chargée d’électricité qui fera détourner les derniers équipages de leur parcours. Après s’être protégées du vent de sable, les dernières participantes ont pu rejoindre le lieu de bivouac et préparer cette première nuit dans le désert.

« Une étape facile pour appréhender la conduite et les caps »

Le panier en feuilles de palmier

Le travail artisanal d’une associations de femme

Dans le Cap Fémina Aventure, chaque épreuve sportive est ponctuée d’une rencontre avec la population locale, au cœur de la culture marocaine. C’est l’association Cœur de Gazelles qui dirige les opérations et qui crée ces temps de rencontres, basés sur l’échange et le respect. « Dans chaque village du Maroc il existe une association de femmes. C’est un moyen pour elles de se retrouver dès qu’elles ont du temps libre, loin du cocon familial », indique Fréderic Valat, le coordinateur Cœur des Gazelles sur le Cap Fémina Aventure. Quelques heures par jour, ces femmes marocaines essayent de trouver un peu de temps ensemble, durant lequel elles s’adonnent à des travaux artisanaux. Les casques remisés dans les coffres des voitures, les Cap’Fées se dirigent donc en petit comité sous la tente nomade dressée à quelques mètres de l’arrivée.

Six femmes de l’association du village de Koudit Draoua les attendent, assises en tailleur, pour leur présenter les différentes étapes de la confection d’un panier en feuilles de palmier. Un travail méticuleux, qui nécessite du temps et de la dextérité. Au total, il leur faut 8h de tissage pour terminer un ouvrage. Afin de faire vivre leur association de développement et de travail social, elles vendent leur panier. C’est aussi un moyen pour elles de conserver ces instants où, entre quelques bavardages, le temps est suspendu… Chacune des Cap’Fées a pu échanger avec ces femmes généreuses, et s’essayer à la confection d’un panier. En guise de cadeau, chacune a pu repartir avec un exemplaire en souvenir.

Paroles de Cap’Fées

Equipage 305 (SAINT-JACQUES SANDRINE / SCHARF NATHALIE – CEPAC)
« Le Maroc nous dépayse complètement. Nous n’avons pas l’habitude de ces grandes étendues, c’est juste incroyable ».

Equipage 278 (CARRIER PEGGY / NICOLO AGNES – DELTA POMPAGE)
« On se prend vite au jeu du road-book. On en prend plein la vue avec ces paysages. On en oublie la longue descente parcourue depuis la France face à cela ».

Briefing général avant le départ tant convoité

Dans la fin de l’après-midi, les équipages sont arrivés à bon port. Tous, sauf les filles de la team 253 (BRARD EMILIE / BUARD NOEMIE – SOCIÉTÉ AUDRAIN) qui sont encore sur la route suite à leur problème d’embrayage. L’équipage arrivera à Meknès d’ici quelques heures et devraient prendre le départ de l’étape de demain en même temps que les autres teams.

Pour clôturer cette journée avec l’ensemble des Cap’Fées, quoi de mieux que la piscine de l’hôtel pour organiser un petit pot de bienvenue ? L’occasion de faire les présentations et de les mettre en appétit en esquissant le programme de l’étape marathon de demain. « Ce sera la journée des premières fois : première liaison pour rallier la ligne de départ, première étape, première rencontre avec la population locale et premier bivouac », résumait Jérôme Zindy, le responsable des équipages du Cap Fémina Aventure.

Place ensuite au défi sportif avec l’entrée en scène du directeur sportif, Ludovic Taché. Ca y est, les Cap’Fées peuvent se glisser dans le rôle des aventurières qu’elles rêvent de jouer. Il était donc question de rappeler les consignes de sécurité liées à la conduite au Maroc et la vitesse, au respect des coutumes et de la culture ou bien encore, d’appréhender la logique du road-book, le document central qui les guidera à travers les pistes et les dunes. Pour qu’elles profitent des paysages, cette première étape est une mise en jambe assez simple (selon les dires du directeur sportif) … Ne reste plus qu’aux Cap’Fées à savourer ces premiers moments de leur aventure

Quelles soient Françaises, Canadiennes, Belges ou Suisses, ce soir, les Cap’Fées sont surtout des femmes courageuses, déterminées et prêtes à déployer toute leur énergie à travers le désert marocain.

Village Départ à Meknès, Acte 2

Dernières vérifications obligatoires avant le grand Jour

Après une bonne nuit de sommeil dans un lit confortable et un petit déjeuner marocain, les équipages québecois, les quads et les SSV avaient rendez-vous ce matin pour les vérifications et le stickage de leur véhicule. Sous une chaleur écrasante, les filles reçoivent leurs gilets et les cadeaux des partenaires. Comme pour les équipages partis de France, lors des vérifications, tout est passé au crible : la partie médicale, la conformité sécurité (présence d’une boussole, d’une carte du Maroc, de lampes torches, d’un casque qu’elles ne quitteront jamais sauf pour dormir, un jerrican d’eau…), la conformité mécanique (toutes les affaires doivent être sanglées à l’intérieur, un réservoir et un jerrican d’essence supplémentaires sont à prévoir), l’installation de l’Unik2 et de la balise Sarsat.

Cette balise, élément de sécurité supplémentaire, est un outil à n’utiliser qu’en cas de force majeure et qui permet d’envoyer un message de détresse. Lorsque les participantes décident de la déclencher, la Sarsat envoie un signal, en indiquant la position de la balise, à un centre d’alerte en France et au Maroc. Dans les minutes qui suivent, l’organisation est tenue informée et peut déployer son assistance dans les plus brefs délais.

Les Quads et les SSV entrent dans la danse

Ils n’étaient que 4 équipages l’an passé. Pour cette sixième édition, les SSV reviennent en force avec 9 équipages. D’ailleurs, certaines comme Claudine (68 – KAUFFMANN CLAUDINE / CUELLAS GOMEZ ROSA MARIA – IP TRUST) s’y sont converties. En effet, après quatre éditions du Cap Fémina Aventure en 4X4, cette Cap’Fée l’a adopté : « J’ai toujours voulu essayer et c’est le kiff de nos 50 ans que nous allons fêter cette année ». Avec sa nouvelle coéquipère, Rosa-Maria, ces Alsaciennes se sont entraînées depuis plusieurs mois sur des terrains de trial.

La vague québécoise

Malgré le jet lag et la fatigue qui s’est accumulée au fil du vol, les Québécoises ne perdent rien de leur légendaire enthousiasme, et c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnaît (après leur accent évidemment). Epaulées de leur coach Joanie, une pétillante canadienne à l’énergie débordante et ancienne participante, elles ont pour certaines déjà pu découvrir la culture marocaine. « Nous avons atterri à Casablanca, c’est l’un de nos plus gros voyages en termes de décalage horaire », avouent Shayla et Evelyne (182 – AUBUCHON-RICHER SHAYLA / MORISSET EVELYNE), 22 et 20 ans. « Il y un an, à cette même date, pour mon anniversaire, je nous ai pré-inscrites au Cap Fémina Aventure sans le dire à Evelyne », sourit Shayla qui soufflera sa 22ème bougie lors de la première étape.

Unies autour d’une même cause, celle des enfants, les Québécoises défendent l’association Nourrir un enfant. Cette institution œuvre pour les enfants de familles défavorisées du Canada. En guise de coup de pouce, à chaque balise pointée par un équipage, un dollar sera reversé par l’organisation à l’association.

Paroles de Cap’Fées

Equipage 13 (CHAMPAGNAC SYLVIE / DOMPIERRE VICKY – ARDURATS)
« C’est une aventure sportive avant tout puisque je l’avais déjà fait en 2014 mais en 4X4. Cette année je pars en SSV. C’est aussi une aventure humaine car je fais équipe avec une canadienne que je ne connais seulement que depuis le mois de septembre. Et puis je quitte mes repères habituels, mes proches, ça va être une vraie aventure »

Equipage 369 (BRISSET SABRINA / WALLEE LILIANE – CHAMPAGNE LAURENT LEQUART)
« On s’est entraînées à faire pipi debout pour savoir faire lorsque nous serons dans le désert »

Equipage 68 (KAUFFMANN CLAUDINE / CUELLAS GOMEZ ROSA MARIA – IP TRUST)
« Il y a un côté fun avec le SSV.  Participer à cette aventure ensemble c’était le kiff de nos 50 ans que nous allons fêter cette année. »

Equipage 99 (FLEITOUR BENEDICTE / DUTHOIT MURIELLE – I-TECH EQUIPEMENT)
« On voulait se mélanger avec la population locale et voir le Maroc  différemment. On veut vivre une expérience plaisir et surtout terminer le raid dans de bonnes conditions ».

Equipage 182 (AUBUCHON-RICHER SHAYLA / MORISSET EVELYNE)
« On voulait vivre une première expérience de rallye et aussi sortir de notre zone de confort et voir jusqu’à quel point on sait s’adapter »

Les Cap’Fées en transit vers le Maroc

Alors qu’une partie de l’organisation est déjà en place à Meknès, les Cap’Fées venues de France ont roulé toute la journée sur les routes espagnoles pour rallier Tarifa. Demain matin, ces 44 équipages prendront le bateau qui les emmènera au Maroc. Si leur voyage s’est déroulé dans de bonnes conditions, un souci d’embrayage a obligé l’équipage 253 (BRARD EMILIE / BUARD NOEMIE -SOCIÉTÉ AUDRAIN) à s’arrêter. Des réparations sont prévues demain matin et les deux Cap’Fées pourront ensuite rejoindre le reste des équipages à Meknès. Courage les filles… on pense à vous !

Dans le même temps, durant toute la matinée, les équipages québécois ainsi que les participantes de la catégorie Quad/SSV seront à leur tour soumises aux vérifications techniques, administratives et médicales.

Cette journée se clôturera autour du traditionnel pot d’accueil qui rassemblera pour la 1ère fois les 66 équipages du Cap Fémina Aventure 2016.

Un village du Gard nommé départ

Les vérifications techniques et administratives pour un départ serein

Voilà près d’un an qu’elles l’attendaient, et pour rien au monde les participantes du Cap Femina Aventure 2016 n’auraient manqué l’heure du rendez-vous. Avec une ponctualité déconcertante, dès l’aube, les 44 véhicules partant de France ont donc pris place sur le parking de la place Charles-David, au coeur de Villeneuve-Lez-Avignon.

Pendant toute la matinée, les équipages ont évolué au fil des briefings, des conseils médicaux et des multiples vérifications toutes nécessaires pour entamer cette aventure hors du commun. Dans quelques jours, ces femmes animées par la même soif de découvrir et de partager cette expérience marocaine, se retrouveront sur les pistes du désert.

Qui dit raid dans le désert, dit précautions mécaniques et les femmes n’ont pas pris les choses à la légère.

Entre deux stickages de véhicules, les Cap’Fées 2016 parlent pression de pneus, filtre à air et autres manipulations techniques pour lesquelles elles se sont entraînées rigoureusement.

Cette année, pour la première fois, l’organisation du Cap Femina Aventure dote les véhicules d’un outil innovant que l’on retrouve sur les courses telles que le Paris-Dakar et le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc. Il s’appelle l’Unik², il est conçu à Lorient par ERTF et il va révolutionner la course sportive. Terminés les relevés kilométriques depuis les compteurs, place à davantage de précision grâce à ce boîtier qui enregistre le nombre précis de kilomètres réalisés dans la journée. Disposé sur le tableau de bord, l’Unik² peut remplacer le Terratrip et calcule via une liaison satellite, les kilomètres parcourus.

Des Cap’Fées au grand cœur

Parce que la générosité et l’ouverture d’esprit sont au cœur du Cap Femina Aventure, pour cette sixième édition, l’organisation a réitéré son partenariat avec l’association « Les Restos Bébés du Cœur » du Gard. Chaque année, les quatorze bénévoles qui œuvrent au sein de cette entité, attendent impatiemment ce rendez-vous annuel. Un moment aussi unique qu’important puisque les équipages collectent des affaires de puériculture (vêtements, jeux, accessoires, hygiène…) qu’ils remettent dans les mains de l’association.

Grâce à ces dons toujours plus conséquents, l’association dispose de tout le matériel nécessaire pour vêtir, divertir et assurer l’hygiène de quelque 300 enfants du Gard durant une année complète. Une opération pour laquelle les Cap’Fées sont toujours aussi sensibles et mobilisées, preuve que la solidarité est légion au sein du Cap Femina Aventure !

« Juste vous et votre aventure,
oubliez le reste »

L’émotion du départ

Après les accolades, les embrassades et même quelques larmes, les binômes émus et excités, ont tous rejoint leur véhicule pour s’élancer vers la ligne de départ.  « C’est une aventure exaltante, et lorsque vous rencontrerez des moments difficiles, n’oubliez jamais que vous avez les ressources nécessaires pour surmonter cela », lançait Françoise Hollander, directrice d’Euro 4×4 Parts, en guise d’ultime conseil.

Quel meilleur clin d’œil que la célèbre chanson de Beyoncé « Who run the world ? » pour motiver les troupes et leur rappeler qu’elles sont les actrices de leur aventure. La balle est dans leur camp pour écrire leur histoire.

Dans quelques jours, les 44 binômes retrouveront les 17 autres équipages ayant directement atterris au Maroc, l’occasion de tisser de nouvelles amitiés.

Remerciements à :

  • M. le Maire, Jean-Marc Roubaud
  • M. Pastourel, adjoint au Maire, délégué aux sports et aux festivités
  • M. Saboye, responsable du service des sports et Mme Hélène Blanc
  • M. Pouzol et les services techniques
  • M. Coullomb, responsable des espaces verts
  • M. Muscat et la police municipale
  • M. Delorme, responsable de la cuisine centrale
  • Mme Saboye, responsable de la médiathèque Saint Pons
  • M. Guy Bergenti, directeur des Restos Bébés du Cœur et son équipe
  • A l’ensemble des journalistes présents sur le village départ

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